Jeux

Félix, le zen & Moi

Je suis venue au tennis sur le tard, malgré une connexion pourtant bien balisée depuis l’enfance au rythme de Roland-Garros, chaque printemps venu.

Au hasard du son d’un claquement de balle contre la raquette au cours d’une partie banale. Un déclic. Ce son que l’on rêve ensuite d’entendre encore et encore, et qui procure cette sensation de joie unique. Ce son dont Jannik Sinner a une fois expliqué qu’il occupait une part particulière dans son travail et son rapport au tennis.


Ces moments de joie répétés me ramènent curieusement au cœur des philosophies des arts martiaux et du zen lorsque l’esprit, débarrassé du mental bruyant, fait place à une autre perception de l’espace et du temps, en le dilatant presque. Ce temps que l’on arrive à se créer après le rebond et avant notre frappe, ce temps si précieux que l’on tente de gagner pour préparer le coup et surprendre l’adversaire. Ce temps qui semble devenir autre, plus lent, où tout peut se passer.

Mon professeur d’arts martiaux me rappelait souvent l’importance pour l’esprit d’occuper l’espace, de lâcher les schémas préconçus pour déployer le geste, ne faire qu’un avec l’outil — ici la raquette — comme prolongement de soi.

Ce que je tentais d’appliquer sur un terrain de tennis. Faire le vide, le vide du zen, qui nous ancre dans l’instant, dans l’anticipation du geste adverse et tenter d’entrer dans cette danse, dans l’harmonie.

À chacune de mes tentatives, une image me venait en tête, à la fois évidente et pas totalement explicable — mais peut-être est-ce précisément la magie de la chose — Félix Auger-Aliassime : il y a chez lui une pureté de ligne et du geste qui rappelle la précision d’un kata. Dans son attente comme dans sa posture, tout est droit, épuré, net.


Beaucoup de techniques de méditation et de visualisation sont aujourd’hui intégrées dans le travail de préparation des joueurs, et il semble intéressant et bénéfique de s’ouvrir et de pratiquer d’autres disciplines dans lesquelles puiser pour la pratique du tennis.

Et il me semble que le souffle zen des philosophies asiatiques a beaucoup à donner à qui sait entendre le son et les murmures…

Illustration réalisée avec Gemini

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